Des Roungatsària à l’Andromàna
Si le mode de vie contemporain a imposé d’autres rythmes et d’autres priorités, les coutumes et les traditions sont toujours un facteur de liaison et de cohésion, pour tout groupe social, petit ou grand. Ainsi, les associations culturelles des villages mais aussi les instances de plus grande portée consentent d’importants efforts pour préserver ou faire revivre des us et des coutumes qui faisaient partie intégrante d’un mode de vie plus ancien.
Les kermesses, toujours à l’occasion d’une fête religieuse, offrent bien entendu des opportunités de s’amuser, de se retrouver avec les concitoyens mais, surtout, pour un retour aux racines de ceux qui vivent à l’étranger. Le voyageur qui se trouvera dans une telle kermesse s’adonnera à cœur joie à la danse, aux repas du pays et au verre partagé. Mais, très probablement, il entendra de loin que l’on se promet avec émotion que « l’on se retrouvera l’année prochaine ». Pour des raisons évidentes, la majorité des kermesses se déroulent en été, pour atteindre le sommet au 18 août, à la fête de Notre Dame.
La gournochara est une des coutumes qui survivent ou revivent dans plusieurs villages. Elle est liée à la période de Noël. Connue, dans d’autres régions, comme chirosfàgia, elle consiste en l’abattage du cochon domestique, qui est élevé avec beaucoup de soin toute l’année. Ensuite, on met à profit, non pas uniquement la viande mais toutes les parties de l’animal. Depuis le cuir, utilisé pour fabriquer les gourounotsaroucha (chaussures de cuir) à la graisse qui, dans le temps, remplaçait l’huile d’olive dans la cuisine, tout est utile. La majeure partie de la viande est transformée en saucisses ; la tête, les oreilles et les pattes sont préparés en patsas (un type de soupe) ; la graisse est fondue et placée dans des récipients, souvent avec des morceaux de viande bouillie, qui peuvent ainsi être conservés jusqu’à l’été. Toutes ces tâches nécessitent la participation de plusieurs personnes, de sorte que la gournochara devient une occasion de faire la fête.
Les Roungatsària, une coutume commune, avec quelques variantes locales quant à l’appellation et au rite, partagée entre Macédoine occidentale et Thessalie, ne sont pas inconnus dans les villages de Grevena. À la veille ou au Jour de l’An, des groupes de jeunes du village, vêtus de costumes traditionnels, dont une « mariée » et un « arapis », le Roungos ou Roungatsiàris, se rendent de maison en maison, en chantant des vœux mais aussi des paroles d’un ton moqueur, en fonction du maître de la maison et de l’accueil qu’il leur réserve. Cela se rapproche de la coutume de la Gamila, plus commune dans la région de Kozani.
Les Fani sont liés au Carnaval, comme dans Kozani voisine. Dans le temps, au dimanche du Carnaval, dans tous les quartiers on allumait de grands feux à l’aide de branches, autour desquels on dansait et chantait, créant une ambiance dionysiaque aboutissant à l’inévitable libertinage et aux gros mots. La coutume existe toujours dans plusieurs villages, surtout à l’initiative des associations locales.
L’Andromàna est une des coutumes les plus particulières de Deskàti. Le vendredi après Pâques, au jour de la fête de Zoodochos Pigi (la Source de vie), sur la place de la bourgade, habitants et visiteurs forment la « tranos choros » (la grande ronde de danse). Au centre, six hommes se tiennent par les épaules et forment un cercle. Six autres hommes montent sur les épaules des premiers et, ensuite, trois autres montent sur celles des six deuxièmes, formant une impressionnante pyramide humaine qui s’élève à plus de cinq mètres.
Le marché-kermesse de Grevena est un évènement qui réunit un grand nombre de visiteurs des régions environnantes. Il a lieu tous les ans, début octobre, dans le quartier de Mera ou région Achilli, et conserve les mémoires des grands bazars du passé.
La fête de la cerise est organisée tous les ans, à la mi-juin, par l’association culturelle locale, dans le village d’Amygdaliès qui est réputé pour sa production. On chante beaucoup, on danse beaucoup et les cerises sont offertes à profusion.
La fête du Champignon a souvent changé de lieu de déroulement. Enfin, depuis 2017, en collaboration avec plusieurs instances, elle se déroule dans le parc des champignons, dans la ville de Grevena. Il s’agit d’un évènement majeur qui dure habituellement 3 à 4 jours et attire les amateurs de champignons de toute la Grèce et de l’étranger. Elle a lieu tous les ans, à la mi-juillet. La programmation inclut plusieurs évènements, allant des concerts à la chasse aux champignons, aux séminaires et à la cuisine.
Les Yangoulia River Spirit sont un évènement particulier, lancé timidement, qui évolua en une action d’approche de la Nature. Ils ont lieu tous les ans, organisés par l’association des amateurs de la nature Yangoulia, sur les rives du fleuve Aliakmon, près du village de Nisi, au premier weekend du mois d’août, et comportent de nombreuses activités dans la nature, des concerts et des spectacles.