Les maisons de maître de Macédoine occidentale
Au carrefour entre la Thessalie l’Épire et la Macédoine mais aussi sur les routes commerciales vers l’Europe centrale et orientale, la situation de Kozani associée à l’esprit d’entreprise et du commerce pour lequel ses habitants étaient réputés, a permis à la région de réunir d’importantes richesses, fait qui s’imprima, entre autres, dans les majestueux édifices privés et publics.
Siàtista, une belle bourgade qui compte plus de 5 000 habitants et qui se trouve à l’extrémité sud de Siniàtsiko, à 900 mètres d’altitude, est célèbre pour ses maisons de maître, dont la majorité a été érigée au 18e et au 19e siècle, pour le compte de riches négociants. Environ trente d’entre elles sont conservées, la majorité d’entre elles portent les marques du temps qui passe, mais certaines sont encore habitées. La maison de maîtresse Poulko (Eleni Poulkidi), construite au début de la seconde moitié du 18e siècle, appartient dorénavant au ministère de la culture qui veilla à l’entretenir parfaitement. C’est l’édifice qui présente le plus grand intérêt. Elle se trouve dans le quartier de Gerània. Sa forme extérieure et l’aménagement des espaces suivent, dans l’ensemble, le motif de l’époque. Le riche décor peint, qui couvre les murs intérieurs et les plafonds, est vraiment impressionnant. Dans le quartier Chora, se trouve encore une maison de maître visitable : la maison de maître Maliongas ou Argyriadi. Elle date également de la seconde moitié du 18e siècle et constitue un exemplaire typique de l’architecture macédonienne. À côté de cette maison, on peut admirer -seulement de l’extérieur - la maison de maître Nerantzopoulos, qui date à peu près de la même époque. Impressionnante de par sa taille et la richesse de sa décoration, la toute proche maison de maître Manoussis-Douka Tzatza, fait actuellement l’objet de travaux de restauration et il devrait bientôt être possible de la visiter. Des peintures murales uniques, inspirées de la mythologique grecque, ornent le séjour d’hiver, le Panthéon, de la maison de maître Chatzimichaïl-Kanatsouli, probablement la plus belle de Siàtista. Toutefois, elle n’est pas visitable.
Ce serait une grave omission de quitter Siàtista sans visiter l’habitation traditionnelle (musée ethnographique) de Tatiana Derou et Christos Tsiotsios, dans le quartier de Gerània. Il se trouve dans un édifice qui faisait partie du complexe de la maison de maîtresse Poulko et servait, probablement, de résidence du personnel. Dans cet édifice, restauré par les propriétaires eux-mêmes, sont réunis et exposés avec beaucoup de passion et d’amour plus de 4 000 objets du 18e, du 19e et du début du 20e siècle, qui présentent la vie quotidienne des habitants, à l’époque.
Vlàsti, ou Blàtsi pour les plus anciens, située sur un plateau alpin, entre les monts Askio et Mouriki, à 1 200 mètres d’altitude, était jadis un chef-lieu prospère, occupant une place prépondérante dans la région. En dépit de la réduction importante de sa population et des catastrophes subies par les envahisseurs et les occupants. Elle conserve néanmoins son profil noble et plusieurs édifices en pierre, à deux étages, ornent ses rues. En outre, à Eràtyra, au pied du mont Askio, l’on trouve plusieurs belles maisons de maître ainsi que de simples habitations, construites et peintes selon la tradition locale particulière.
Pentàlofos et Vythos voisin, deux villages presqu’entièrement en pierre, proposent de beaux exemplaires de l’art des artisans du pays qui étaient réputés dans toute la Macédoine et bien au-delà de celle-ci. Les artisans Zoupaniotes - « Zoupàni » était l’ancien nom de Pentàlofos - ont marqué de leur empreinte des églises, des ponts et des maisons de maître.
Une visite à Velvendo, avec ses nombreuses maisons traditionnelles bâties autour du centre historique et de ses ruelles, mais aussi ses nombreuses anciennes églises, sera pour vous l’occasion de réunir de belles images.
La ville de Kozani elle-même, en dépit de son visage contemporain, conserve au centre des maisons en pierre dont la construction remonte au 18e, au 19e et ou début du 20e siècle. En se promenant dans un rayon qui ne fait pas plus d’1 kilomètre de la place principale à l’Horloge, point de référence de la ville, vous trouvez : la maison de maître Grigorios Vourkas, en pierre, exemplaire typique de l’architecture macédonienne bourgeoise du 18e siècle, avec sachnissi (parties de l’édifice en saillie soutenue par des corbeaux en bois) et étage en brique. Tout près, de plus petite taille, la maison de maître Lassanis, où se trouve actuellement la Cartothèque municipale. L’imposant édifice en pierre du Gymnase Valtadorio, construit en 1899, accueille toujours des élèves du secondaire. L’édifice néoclassique de la Banque nationale de Grèce, sur la place centrale, et le bâtiment de l’hôtel Ermionion, construit dans l’entre-deux-guerres, sur les plans de Maximilien Rubens.